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Faune alpine autour de Valloire : 8 espèces à observer dans la Valloirette

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Faune alpine autour de Valloire : 8 espèces à observer dans la Valloirette

Faune sauvage à Valloire : qui vit ici

La vallée de la Valloirette abrite marmottes, bouquetins, chamois, aigles royaux, gypaètes barbus et lagopèdes alpins entre 1 430 et 3 200 m d’altitude. La proximité du parc national de la Vanoise et des espaces naturels du massif des Cerces protège ces populations. Chaque étage de végétation accueille ses propres résidents, observables de juin à octobre sur les sentiers de randonnée autour de la station.

Les mammifères des alpages

La marmotte des Alpes

Le rongeur le plus visible (et le plus bruyant) de la montagne. Son sifflement strident sert de signal d’alerte face aux prédateurs et porte à plus de 500 m.

Les marmottes colonisent les alpages entre 1 500 et 2 800 m. Elles vivent en colonies familiales de 5 à 15 individus dans des terriers de plusieurs mètres de profondeur. Le secteur du Plan Lachat et les abords du lac des Cerces offrent les meilleures conditions d’observation, le matin entre 8 h et 10 h.

Données physiologiques : en hibernation (octobre à avril), leur température chute de 37 à 5 °C. Le rythme cardiaque passe de 200 à 5 battements par minute. Elles perdent jusqu’à 40 % de leur masse corporelle pendant les 6 mois de sommeil.

Le bouquetin des Alpes

Réintroduit dans les Alpes après avoir frôlé l’extinction au XIXe siècle (moins de 100 individus dans le massif du Grand Paradis en Italie), le bouquetin recolonise progressivement les massifs autour de Valloire.

Les mâles portent des cornes recourbées pouvant atteindre 1 m de longueur et peser 6 kg la paire. Grimpeurs hors pair, ils évoluent sur des parois presque verticales grâce à des sabots dont la surface adhérente agit comme du caoutchouc souple.

En été : zones rocheuses au-dessus de 2 500 m. En hiver : pentes ensoleillées de basse altitude. Les meilleures chances d’observation : le versant sud du massif des Cerces, tôt le matin.

Le chamois

Plus discret que le bouquetin, le chamois vit entre 1 000 et 2 500 m dans les zones boisées et les pentes intermédiaires. Il court jusqu’à 50 km/h sur terrain accidenté et bondit jusqu’à 6 m en longueur.

Les populations stables du secteur boisé au-dessus de Valmeinier et des pentes nord du Crey du Quart se repèrent au crépuscule, quand les groupes sortent de la forêt pour paître.

Le renard roux de montagne

Présent de la vallée aux alpages. En station, on le croise régulièrement à la tombée de la nuit aux abords du village. Son pelage s’épaissit en hiver et sa silhouette paraît plus imposante qu’en été. Régime opportuniste : rongeurs, baies, déchets alimentaires.

Les rapaces des cimes

L’aigle royal

Envergure : plus de 2 m. Vue : repère une proie à plus de 1 km. Les couples occupent des territoires de 100 à 200 km² et réutilisent le même nid (aire) pendant des décennies.

L’observation demande patience et jumelles. Le matin, les courants thermiques ascendants portent l’aigle au-dessus des crêtes sans effort. Les vallées autour de Valloire hébergent plusieurs couples nicheurs.

Le gypaète barbu

Le plus grand rapace d’Europe (envergure jusqu’à 2,80 m), de retour dans les Alpes grâce aux programmes de réintroduction lancés dans les années 1980. Sa silhouette se reconnaît aux grandes ailes effilées et à la queue en losange.

Le gypaète se nourrit principalement d’os : il les lâche en vol à 50-80 m de hauteur sur des rochers (appelés « ossuaires ») pour en extraire la moelle. Un régime alimentaire unique parmi les rapaces.

Le lagopède alpin

Oiseau vivant au-dessus de 2 200 m, à la limite des arbres. Son plumage change avec les saisons : brun tacheté en été, blanc immaculé en hiver. Ce camouflage le rend presque invisible, et chaque observation relève de la chance ou de l’oeil exercé.

Le chocard à bec jaune

Le corvidé de montagne le plus visible autour de Valloire. Plumage noir, bec jaune vif. Grégaire et peu farouche, il accompagne les randonneurs dans l’espoir de récupérer des miettes. Les groupes comptent parfois plus de 200 individus et nichent dans les falaises entre 1 500 et 3 000 m.

Observer sans déranger : règles terrain

RèglePourquoi
Sortir entre 6 h et 10 h ou après 17 hPériodes d’activité maximale des animaux
Rester à 50 m minimum des grands mammifèresÉviter le stress et les réactions de fuite
Utiliser jumelles ou téléobjectifObservation à distance sans perturbation
Rester sur les sentiers balisésProtéger les zones de nidification et de mise bas
Ne jamais nourrir les animauxModifier leur comportement met leur survie en danger
Progresser lentement, sans bruitLes bruits soudains déclenchent la fuite

L’office de tourisme de Valloire organise des sorties nature accompagnées par des guides naturalistes, chaque semaine en saison. Tarif : 12 à 20 euros/personne. Ces excursions offrent les meilleures conditions pour observer et identifier les espèces.

Pour combiner observation et randonnée, les itinéraires du lac des Cerces et du Grand Galibier traversent les zones les plus riches en faune. Le programme estival de la station inclut d’autres activités nature compatibles avec l’observation animale.

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